Synchronicités numériques, ces étranges coïncidences de chiffres qui font signe

Synchronicités numériques, ces étranges coïncidences de chiffres qui font signe

Apparitions répétitives de nombres, coïncidences de dates, heures-miroir, chiffres fétiches… Les nombres, symboles primitifs ordonnateurs de la matière, de la psyché et de l’univers selon C.G. Jung, sont au coeur du mystère des synchronicités numériques et du possible sens qu’elles véhiculent.

Tel des panneaux de signalisation de l’univers, les coïncidences impliquant des chiffres, -ou synchronicités numériques-, semblent vouloir nous montrer une direction ou nous délivrer un message. Image Pexels Thomas Brenac.

Un ami féru de chiffres m’a fait un jour remarquer l’omniprésence du 10 dans ma vie. Les nombres de ma date de naissance additionnés et réduits font 10, comme les lettres converties en chiffres de mes prénom et nom, pareil pour la plaque d’immatriculation de ma voiture, les numéros d’identification de mon entreprise et même celui de la rue où j’habite », raconte Gaël. « Ca parait un peu fou, mais depuis, je suis plus attentif. J’ai l’impression que ce nombre m’accompagne, me suit, comme pour me confirmer que je suis au bon endroit ».

Peut-être comme Gaël entretenez-vous une relation particulière à un chiffre, qui vous interpelle, vous guide, se manifestant en des moments clé de l’existence. A l’image du prix Nobel Wolfgang Pauli, un proche du psychiatre suisse Carl Gustav Jung, qui fut toute sa vie obsédé par le 1/137, valeur correspondant à la constante de structure fine en physique. Le physicien quantique autrichien voyait dans ce chiffre, -également associé en guématrie à la Kabbale*-, comme une probable clé majeure de compréhension des lois de l’univers. Un avis partagé par son ami le physicien quantique allemand Werner Heisenberg, qui aurait proclamé : « tous les problèmes de la mécanique quantique seront résolus quand le 137 sera élucidé ». Quant au prix Nobel américain Richard Feynman, il considérait le 137 comme « un nombre magique au delà de l’entendement humain »**. Sans qu’il parvînt à en percer le mystère, le destin fit, non sans ironie, mourir Wolfgang Pauli dans une chambre d’hôpital qui portait justement… le numéro 137 ! Pour d’autres, ces étranges persistances de nombres prennent la forme « d’heures-miroir »,  apparitions répétées d’heures agencées en symétrie de type 22h22, 11h11, 12h12, 13h13, 8h08 etc., aperçues à la volée à toute heure du jour ou de la nuit, sur un écran de téléphone, d’ordinateur, une montre, une horloge de gare, un réveil… Une fois passée la sidération mêlée d’incrédulité face au phénomène, c’est la sensation typique de « il se passe quelque chose » qui prédomine. Ces mystérieuses heures miroir semblent faire signe et s’adresser directement à la personne comme pour lui délivrer un message… Mais lequel ?

Un pont entre le réel et l’imaginaire

Ces manifestations relèvent toutes de la synchronicité, concept de « coïncidences signifiantes » théorisé par Carl Gustav Jung dont la particularité commune est ici d’être constellées, « attractées », autour de chiffres, numéros ou nombres, d’où leur appellation spécifique de « synchronicité numérique ». Intenses à vivre – le psychiatre suisse parle de numinosité pour désigner la charge émotionnelle des synchronicités-, elles doivent ici leur impact particulier à la nature même des nombres. Ainsi pour Jung, bien plus qu’un simple outil mathématique, ce dernier incarne un archétype majeur, « élément le plus primitif de l’esprit humain » ordonnant la matière, la psyché, et les deux ensembles, et marqueur fondamental de mouvement, de rythme.  « Le nombre jette un pont entre le domaine ce qui est physiquement saisissable et l’imaginaire, il est un intermédiaire entre le mythe, de nature psychique, et la réalité, de nature physique. […] Il fournit une langue mystérieuse unitaire de l’être, en particulier dans son aspect de sens » [1] », estime Marie-Louise Von Franz, proche collaboratrice de Jung qui poursuivit son travail de recherche sur les nombres après sa mort.

Plus encore, le nombre permettrait selon fondateur de la psychologie des profondeurs de faire l’expérience directe de l’Unus Mundus. Ce mystérieux Monde Un décrit par les alchimistes du Moyen Age, se présente comme un monde psycho-physique, « domaine unitaire de la réalité transcendant la conscience à l’arrière-plan du dualisme de la psyché et de la matière»[2]. Dans ce monde, les synchronicités coulent de source, manifestation « normale » d’une interaction naturelle entre phénomènes intérieurs, subtils et extérieurs, physiques. Ce plan transcendant le visible et l’invisible, la matière et l’esprit, correspondrait à celui « du cosmos, intemporel, préexistant potentiellement dans l’esprit de Dieu et dans lequel Dieu a réalisé la création effective ».[3]

Le nombre, voie royale de la synchronicité

« L’univers des nombres a une cohérence et un équilibre plus parfaits encore que ceux du mouvement des planètes qui éblouissaient déjà les bergers de Mésopotamie, ils sont les signes peut-être les plus purs de l’essence divine de notre pensée », estime André Warusfel dans son livre Les nombres et leur mystère[4]. Normalien, l’auteur embrasse, comme Jung, la vision mystique pythagoricienne des nombres. Connu pour son célèbre théorème et beaucoup moins pour son approche sacrée des nombres, Pythagore les considérait en effet, bien au-delà d’une approche purement intellectuelle, comme « principe de structure spirituels, matériels et cosmiques ».[5] «Tout dans l’Univers est parfaitement organisé et tout obéit aux nombres », résumait le mathématicien grec. Les grands philosophes de l’Antiquité grecque avaient la même vision spirituelle des nombres. Pour Platon ils représentent « le plus haut de degré de connaissance, voire la connaissance même », là où Aristote les situe à l’origine même du monde, « par nature antérieurs aux choses ». « Le nombre éternel trône dans le monde de l’olympe »[6], résume de son côté C. G. Jung dans une lettre de 1955 envoyée à Wolfgang Pauli avec qui il entretint une longue correspondance, cherchant avec le physicien quantique à élaborer une théorie scientifique de la synchronicité.

« De tous temps les hommes se sont servis du nombre pour établir l’existence d’une coïncidence signifiante »

Carl Gustav Jung, « Synchronicité et Paracelsica »

Les nombres dessineraient ainsi une « voie royale » de la synchronicité, constituant un langage primitif à la fois physique, psychique et cosmique, puissante force symbolique, animés comme tous les archétypes d’une énergie propre. Chaque nombre véhicule ainsi sa propre histoire et son propre référentiel, profondément ancré dans les racines de l’inconscient collectif, ce corpus de données partagées par l’humanité, transcendant le temps et les cultures.

Ainsi en fonction des approches symboliques, chaque nombre a ses propres couleurs:
-Le 0 peut être associé à l’origine, le centre, l’inconnu, le mystère;
-Le 1 à l’unité suprême, au commencement ;
-Le 2 à la dualité, à la réunion du yin et du yang, du féminin et masculin, la polarité ;
-Le 3 représenterait la diffusion, la communication ;
-Le 4 symboliserait la stabilité, l’assise, l’ancrage ;
-Le 5 l’union, l’équilibre, le centre, l’harmonie ;
-Le 6 le doute, l’incertitude, la perfection, la puissance ;
-Le 7 le sacré, l’architecture divine ;
-Le 8 l’équilibre cosmique, l’infini, la matérialité, le pouvoir
-Et le 9 symbolise les hautes sphères célestes et les cercles infernaux, la plénitude.

Coincidence taillée sur mesure

Une synchronicité numérique, quelque soit sa forme, fait toujours « signe », c’est à dire qu’elle semble être mue par un sens particulier, une intelligence propre, tel un panneau de signalisation de l’univers. Pour décrypter son éventuelle direction, grande est la tentation de puiser dans ce réservoir de données symboliques. Si cela peut s’avérer inspirant et parfois même signifiant, il convient de garder une distance créative avec ces interprétations clé en main; en particulier avec celles, fleurissant sur le Net, fournissant des explications détaillées en lien avec l’apparition de tel ou tel chiffre, références angéliques à la clé. Complexe et subtil, le phénomène de synchronicité en général et numérique en particulier, incite à élargir son champ de perception et à envisager son caractère unique et singulier. En effet, nombre de synchronicités numériques semblent avoir été taillées comme un costume sur mesure pour s’adapter parfaitement à la vie et au référentiel de la personne concernée. C’est le cas de Sabrina pour qui un entrelac très personnel de coïncidences impliquant des nombres, des noms et des dates de naissance, ont provoqué une ouverture spirituelle (voir son témoignage en encadré en fin d’article).

Même expérience pour Justine, pour qui une synchronicité numérique est venue confirmer une décision de vie, avec un langage très personnel. « Je louais depuis des années un appartement. Je savais devoir bouger, mais j’en étais incapable », raconte cette dernière. « Puis un jour a germé l’idée d’un projet immobilier. A peine me suis-je mise à en parler autour de moi pour avoir des conseils, que des synchronicités se sont manifestées en cascade, avec des opportunités subites, des ouvertures dans le domaine professionnel et personnel. C’était étonnant, je sentais bien un lien entre les deux, mais je n’étais pas encore décidée à me lancer. Et puis tout a basculé lorsqu’un bien correspondant en tous points à ma recherche est apparu, dans ma rue, juste à côté de chez moi, au numéro 28. J’habitais alors le 38. Et quelques années auparavant, j’avais habité au 18 de cette même rue… Cet amalgame de chiffres, qui à l’évidence constituaient une série « logique », m’a fortement interpellée. J’ai cherché d’abord la symbolique des chiffres en eux-mêmes, puis j’ai compris que leur signifiant en commun était « déménagement » . J’ai su alors de manière intime, profonde, définitive, que je devais partir de l’appartement où j’étais ». Boostée par cette synchronicité, Justine réalise alors son projet immobilier en quelques semaines, de manière fluide, non pas dans la même rue, mais à quelques encablures de là.

Plaque d’immatriculation fatale

Si dans l’approche jungienne, les synchronicités, y compris numériques, ont une signification, un sens à décrypter pour la personne, parfois certaines coïncidences semblent être là simplement pour le « panache de l’univers », non sans humour ou ironie. Ainsi, un certain Georges R, après avoir volé une voiture en région parisienne, maquille la plaque d’immatriculation et se rend dans le sud. Il se gare à Royan dans une station-service à côté d’une autre voiture… Las ! Le voleur est arrêté un peu plus tard grâce au témoignage du pompiste qui avait remarqué que les deux plaques d’immatriculation des voitures côte à côté étaient identiques ![7] Le hasard aime aussi beaucoup jouer avec les grandes dates de vie, naissance, mort, mariage, accident etc. On parle alors de coïncidences généalogiques lorsqu’elles se manifestent dans les familles. Certaines ne sont pas sans évoquer de possibles secrets, comme si l’inconscient familial tentait d’attirer, par les nombres, l’attention sur tel ou tel ancêtre ou évènement familial difficile, honteux, toujours souffrant ou non suffisamment élaboré, parlé et digéré.[8]

Mystérieuses synchronicités numériques, lesquelles renvoient au puissant caractère archétypal des nombres, « forme de pensée préconsciente communes à toutes les psychés humaines rendant fondamentalement possible la transmission du savoir »[9], note Marie-Louise von Franz. L’auteure voit de même l’existence d’une « protoconscience » consistant en un « savoir compter » à l’oeuvre au coeur même des particules élémentaires, lesquelles s’avèrent, remarque l’auteure, capables de se combiner à la perfection en diverses formes géométriques[10]…. Abyssale proposition, qui fait des nombres un langage commun, une intelligence animant l’infiniment grand de l’univers, l’infiniment petit de la matière, pour venir englober tout le vivant.

Isabelle Fontaine

*La guématrie est une forme de numérologie liée à la bible hébraïque
**Source : http://villemin.gerard.free.fr/aScience/PhyNucle/N1sur137.htm

DES NAISSANCES, DES ANNIVERSAIRES ET DES PRENOMS
« Lorsque je suis tombée enceinte, j’ai demandé à ma collègue de travail d’être la marraine de ma fille qui était programmée mi-novembre 1992. Elle fut très heureuse de cette nouvelle qui la touchait personnellement, car elle aussi depuis bien longtemps, souhaitait avoir un deuxième enfant. J’ai eu des contractions un mois avant et j’ai accouché un 11 octobre, le jour d’anniversaire de sa marraine ! … Et le comble de tout cela, fut que sa marraine tomba immédiatement enceinte et mis au monde par voie naturelle 9 mois après une 2ème fille qui est née un 19-07… jour d’anniversaire de mon frère! Un vrai miracle car les médecins étaient formels, il était impossible qu’elle puisse un jour retomber enceinte. Ma fille s’appelle donc MARINE et sa marraine MARTINE. On trouve le prénom de ma fille dans son prénom alors que je ne l’avais pas du tout pensé quand je l’ai choisi. Cette belle synchronicité fut le point de départ pour moi de mon cheminement spirituel… »
Témoignage de Sabrina (nom d’emprunt) recueilli sur le site www.histoiredintuition.com


[1] Nombre et Temps, Marie-Louise Von Franz, éditions La Fontaine de Pierre

[2] ibid

[3] ibid

[4] Cité dans le livre d’Anne Tuffigo, Il suffit parfois d’un signe, Albin Michel

[5] Nombre et Temps, Marie-Louise Von Franz, éditions La Fontaine de Pierre

[6] Correspondance 1932-1958 Jung Pauli, éditions Albin Michel

[7] Coïncidences, hasard ou destin ? 590 histoires insolites, Michel Granget et Jean Moisset, éditions Trajectoire.

[8] Voir le chapitre « Décrypter les coïncidences signifiantes », section « Le roman familial des coïncidences généalogiques et les schémas répétitifs » dans le livre Transformez votre vie avec les synchronicités, Isabelle Fontaine, éditions Eyrolles.

[9] Nombre et temps, Marie-Louise Von Franz, éditions la Fontaine de Pierre.

[10] La synchronicité, l’âme et la science, collectif, editions Albin Michel.

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A propos de l'auteur

Histoire d'intuition - Isabelle Fontaine

Auteure et thérapeute, Isabelle Fontaine a été journaliste en presse écrite pendant 20 ans spécialisée en bien-être et en santé naturelle. Elle a entre autre publié "Transformez votre vie avec les synchronicités" et "Libérez la Voix de Votre Intuition" (Eyrolles), "Mon Cahier de digital Detox" (Solar). Passionnée par le sixième sens, la synchronicité -le phénomène de coïncidences signifiantes-, la symbolique, la psychologie, les spiritualités, elle anime ce blog Histoire d’Intuition, donne des conférences, organise des stages et masterclass en ligne pour mieux se connecter à sa petite voix intérieure et la développer. Thérapeute, elle accompagne aussi à titre individuel des personnes sur un chemin de connaissance de soi et de transformation intérieure, notamment grâce aux outils de la psychogénéalogie ou psychanalyse transgénérationelle.

1 commentaire

  1. Baiwir

    Les nombres génèrent un sens hors du temps. Initiés dans un univers de tous les possibles, ils pénètrent un inconscient de pure réceptivité.
    C’est seulement par la conscience neuronale que sa translation dans la dualité opère.
    Le sempiternel 666 subit de multiples péripéties, et semble rester inchangé par-delà ses tribulations.

    Il y a une analogie flagrante entre intuition et gématrie, laquelle est un code d’arithmétique qualitative, issu de l’univers.

    Comment décoder ce qui semble écrit dans le ciel des idées ?

    « Six cent soixante six » (a=1, b=2, …) = 253

    253 + 171 + 242 = 666

    Ces nombres sont des palindromes, sauf 253, qui ne peut l’être car 252 X 4 = 1008, nombre puissant, comme 108 hyper-connu.

    et 504, c’est l’ « homme » = 54, achevé par le zéro du retour à la source.

    https://i35.servimg.com/u/f35/19/50/06/28/six_ce13.png

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