Complexes, mystérieuses, insaisissables… L’auteure Valérie Motté – Lumière de fée m’a fait l’honneur d’une interview sur les synchronicités dans laquelle je dévoile -presque- tout sur le sujet des coïncidence signifiantes et mon rapport à ces phénomènes qui me passionnent depuis des années. Retranscription.

Valérie Motté : Bonjour Isabelle, pouvez-vous nous présenter votre ouvrage « Transformez votre vie avec les synchronicités ? »

Isabelle Fontaine : C’est une sacré aventure -pour ne pas dire une aventure sacrée- que ce livre ! Quatre ans de travail préparatoire, de lectures, de recueil de témoignages, de réflexions, d’expériences… Et des coïncidences qui fleurissaient en pagaille sur mon chemin, comme pour me guider vers plus de compréhension du phénomène ! Et puis il y a eu la phase d’écriture proprement dite qui a coïncidé pile avec le confinement du printemps 2020. Mon planning a été bouleversé, des événements annulés, du temps s’est libéré et j’ai pu me consacrer au processus de création à fond. Ça a été très intense comme période. Ça se retrouve dans le livre, que j’ai voulu vivant. Vivant d’histoires vécues, d’informations, de connaissances et surtout, de pratique. Car avec les synchronicités, on peut être démuni. Comment donner du sens à ces phénomènes, et trouver la juste distance avec eux pour en tirer le meilleur pour cheminer vers soi ? Ce livre est donc avant tout un guide, avec une approche à la fois intellectuelle et spirituelle.

V. M. Pouvez-vous nous expliquer ce que sont les synchronicités ?

I. F. Une synchronicité est une coïncidence signifiante. Il s’agit de un ou plusieurs événements non liés entre eux par un lien logique -de causalité-, mais qui font sens. On sent qu’ils résonnent en nous d’une manière particulière, en écho à une préoccupation intérieure. Pour faire simple, c’est un hasard dont on sent qu’il n’en est pas un. Le concept de synchronicité a été formalisé dans les années 30-50 par le psychiatre suisse Carl Gustav Jung, proche collaborateur puis rival de Freud, en collaboration avec le physicien quantique Wolfgang Pauli. Jung a observé quantité de ces phénomènes chez ses patients, notant leur importance dans le travail de transformation intérieure. Pour Jung, les manifestations synchronistiques relèvent de l’Unus Mundus des anciens Alchimistes, un « Monde Un » hors espace temps dans lequel matière et esprit, en étroite interaction, peuvent communiquer et échanger entre eux. C’est une vision proche de celle des traditions chamaniques pour lesquelles dans l’univers, tout est relié à tout, tout interagit avec tout, et tout est potentiellement information.  

V. M. Pour vous, est-ce différent des signes ?

I. F. Le terme « signe » renvoie pour moi directement à la synchronicité. C’est un événement qui surgit dans mon environnement dont je sens au fond de moi que c’est un message de l’univers qui m’est adressé, et ce, même si il n’y a aucune explication rationnelle à cela. Le signe se différencie de certaines synchronicités à tiroir impliquant parfois plusieurs épisodes, car il est one shot. Surgissant en une fois, il est rapide, et apparaît dans l’environnement rapidement  suite à une question de posée, un acte ou une décision de prise ou une compréhension de faite. Généralement, le signe est clair. Si on se fait confiance, on sait pourquoi il arrive, et ce qu’il veut dire. Souvent, il nous confirme, nous valide dans une direction comme s’il disait « Vas-y, continue, tu es sur la bonne voie ».  Parfois il est plus obscur dans sa signification, mais on sent toujours une résonance. On peut recevoir des signes de mille manières : objet trouvé sur son chemin, chanson entendue à la radio, plume posée sur le pas de sa porte, inscription sur un bus ou une affiche, inconnu qui se met à nous parler etc… 

« La synchronicité témoigne de l’existence de l’Unus Mundus des alchimistes, un « Monde Un » hors espace temps dans lequel matière et esprit, en étroite interaction, peuvent communiquer et échanger entre eux »

V. M. À quel moment vous êtes vous intéressée aux synchronicités ? Quel a été le déclic ?

I. F. J’ai commencé à m’y intéresser pour mon premier livre sur l’intuition, car les deux sujets sont naturellement liés, et à faire des recherches dessus. Puis, lorsque j’ai lancé mon blog Histoire d’Intuition, j’ai décidé d’écrire un article sur la synchronicité. Le thème m’inspirait particulièrement, et je venais à l’époque de vivre une belle coïncidence signifiante, en rapport d’ailleurs direct avec Jung. L’accueil de ce papier -l’un des tous premiers de mon site- a été énorme ! Encore aujourd’hui, c’est l’un des plus lus, avec énormément de commentaires à l’appui… J’ai alors compris qu’il y avait là un vrai sujet, profond, passionnant, avec matière à creuser. Plus tard, il m’est apparu évident que ce serait le thème d’un prochain livre. À partir de là, j’ai commencé à bosser vraiment dessus, à prendre des notes, à observer, à chercher, et la vie m’a amenée au fil du temps à vivre de plus en plus de synchronicités à un rythme parfois hallucinant, en même temps que je traversais de grandes périodes de transformations personnelles.

V. M. Quel est votre parcours ?

I. F. Celui d’un rationnelle-sensible qui a longtemps refusé son attrait pour le mystère et qui, rattrapée par la vie, a fini par suivre le chemin de son âme ! Concrètement, j’ai étudié le droit, l’économie, puis j’ai intégré une école de journalisme. J’ai exercé cette profession pendant vingt ans. C’était passionnant, j’ai voyagé, j’ai rencontré des gens, et j’ai appris le métier d’écrire, mais je sentais bien que j’étais à côté de moi. Progressivement, je me suis rapprochée de ce qui me faisait vibrer, la santé naturelle, les thérapies alternatives, la psychologie. Et j’ai commencé à entamer un important travail sur moi. Le reste a suivi : j’ai eu un jour l’intuition fulgurante d’écrire un livre sur l’intuition, ce qui a constitué un tournant de vie. Aujourd’hui, je transmets ma passion pour le développement personnel à travers des livres, des articles, des stages. Je suis aussi thérapeute, j’accompagne des gens sur un chemin de connaissance de soi, avec diverses approches, notamment symboliques. Ce que je fais fait profondément sens pour moi. Je me sens vivante.

V. M. Depuis que vous les accueillez dans votre vie, qu’est-ce qui a changé ?

I. F. Ce chemin d’ouverture à l’intuition et la synchronicité s’est fait progressivement, pas à pas. Avec le recul, je réalise que cela a changé ma vision du monde, plus large et plus spirituelle, mon aisance à être, de plus en plus de fluide, ma foi en la vie, de plus en plus vibrante, et la guérison de mes blessures, facilitée par les bonnes rencontres, dans le bon timing. Mais ce n’est pas non plus un chemin pavé de roses… La synchronicité m’a aussi confrontée à des épreuves aussi difficiles à traverser que salutaires. J’ai vécu ce que j’appelle des « synchronicités initiatiques », c’est-à-dire des événements marqués par de multiples signes, coïncidences, intuitions, qui m’ont apporté dans un premier temps sur un plateau d’argent ce que je désirais le plus ardemment, pour ensuite me le retirer. Je me suis sentie abandonnée, trahie, lâchée par l’univers. Et alors je n’ai eu d’autre choix que de déchirer le voile des illusions pour me confronter à qui j’étais vraiment, débarrassée des masques et des faux semblants. C’était la bonne voie, même si elle était complexe à vivre. 

« La synchronicité a changé ma vision du monde, plus large et spirituelle, mon aisance à être, de plus en plus fluide, ma foi en la vie, de plus en plus vibrante, et la guérison de mes blessures, facilitée par les bonnes rencontres, dans le bon timing »

V. M. Qui peut les recevoir ?

I. F. La synchronicité est comme une force, une loi de l’univers potentiellement disponible pour chacun d’entre nous. On observe cependant, et les thérapeutes en particulier qui travaillent avec cette approche, que les synchronicités se multiplient dans les périodes de transition de vie : crise de la quarantaine, changement d’orientation professionnelle, divorce, maladie, travail sur soi… C’est comme si, à ce moment-là, le psychisme perturbé dégageait une certaine quantité – ou qualité – d’énergie provoquant et attirant la synchronicité. En tout cas, une chose est sûre : plus on est attentif à ces phénomènes, plus on fait confiance et on s’ouvre, plus ça se manifeste. Mais ce n’est pas exclusif, car des gens très rationnels vivent aussi des synchronicités sidérantes. J’appelle cela le « pied de biche de l’univers » : ils vivent une expérience tellement bouleversante, inexplicable du point de vue de la causalité, que cela leur fait lâcher prise et provoque une ouverture qui marque souvent un avant/après dans leur parcours.

V. M. Les grilles d’interprétation sont propres à chacun ?

I. F. Il y a un subtil mélange de personnel et d’universel pour appréhender la synchronicité dans toute sa force et complexité. Pour l’interpréter, on se questionne d’abord toujours au niveau individuel : quel moment de vie suis-je en train de traverser, qu’est ce qui a besoin de bouger, de changer, d’évoluer ? Comment le signe me parle avec des éléments, des clins d’œil en lien avec mon histoire et qui ne concernent que moi ? Mais d’un autre côté, il y a aussi des grands symboles archétypaux qui transitent par la synchronicité et dont l’interprétation est à chercher du côté de l’inconscient collectif. Dans les coïncidences impliquant des animaux par exemple, on va tenir compte de la signification symbolique de l’animal, son mode de vie, ses caractéristiques, les légendes qui lui sont associées, en plus du lien spécifique de la personne à l’animal, lequel peut être associé à un moment de son histoire personnelle précis… Tout cela va donner des indications sur la situation  traversée par la personne, et sur ce qui est en jeu pour appuyer le changement intérieur à l’œuvre. 

V. M. Comment les reconnaitre ?

I. F. Le critère n°1 selon moi pour identifier une synchronicité est ce que Jung a appelé la « numinosité ». Ce terme désigne l’état émotionnel provoqué par la coïncidence signifiante, mélange de fascination, de sidération, de résonance intérieure, de sensation d’être hors du temps ou de toucher à quelque chose de sacré… On sent que quelque chose se passe et que ce n’est pas commun, à l’image d’un voile déchiré permettant d’accéder à autre pan de réalité. C’est donc un critère totalement subjectif, dont la force de manifestation est variable. On peut vivre des petites synchronicités, qui nous touchent un peu, et puis il y a les grandes synchronicités qui nous retournent comme une crêpe. Celles-là, on ne les oublie pas. Leur empreinte émotionnelle est toujours vivace malgré le temps. Ces synchronicités s’avèrent généralement fondamentales à décrypter, comme certains grands rêves qui nous poursuivent. Cependant, rien ne sert d’être trop pressé. Certains hasards signifiants viennent parfois nous chercher dans des zones profondes, demeurées dans l’ombre, et demandent donc du temps pour être intégrés.

« Lors d’une synchronicité, on sent que quelque chose se passe et que ce n’est pas commun, à l’image d’un voile déchiré permettant d’accéder à un autre plan de réalité »

V. M. Quelles sont les clés pour les décoder ?

I. F. Se poser des questions ! Etre curieux, ouvert, audacieux tout en restant centré au contact de son discernement. Il faut une petite dose de folie tout de même pour oser envisager que le monde me parle et interagisse avec mon monde intérieur, et que les deux soient en miroir. Interpréter une synchronicité demande toujours de balayer large, d’observer tous les éléments impliqués directement dans la coïncidence, ce que l’on faisait à ce moment-là, où on allait, à quoi on pensait, les symboles en jeu, les éventuels rappels d’autres situations ou personnes… Cela peut se rapprocher fortement du travail d’interprétation des rêves, avec un décodage symbolique, en regard avec nos difficultés ou défis à traverser. Décrypter une synchronicité demande d’être honnête avec soi-même et de regarder tous les aspects d’une situation, surtout parfois ce que l’on ne veut pas ou ne peut pas voir de soi, et qui nous est renvoyé par l’extérieur.

V. M. À quoi servent-elles ?

I. F. Les synchronicités nous servent de levier de développement personnel et spirituel. Elles nous ouvrent à la connaissance de nous-même et de l’univers. Les coïncidences signifiantes guident, dans leur fonction supérieure, vers notre individuation, c’est-à-dire vers la réalisation du Soi, l’être profond qui aspire à incarner sa juste place dans le monde. Elles nous permettent ainsi de nous transformer afin de « devenir qui on est », pour paraphraser Nietzsche. Les synchronicités sont polyvalentes, tout terrain : elles peuvent nous rassurer, nous soutenir, nous encourager sur une voie, ou bien nous apporter quelque chose qui nous fait envie. Elles peuvent aussi nous bousculer pour nous réveiller en nous invitant à suivre une intuition que l’on avait mise en sourdine par exemple. Mais parfois, la synchronicité semble ne servir à rien ou ne rien signifier du tout… Si le sens existe, alors le non sens existe aussi, disait Jung. Mais j’ai tendance à croire que même derrière une absence apparente de sens, une synchronicité a toujours un effet : celui au moins de nous ouvrir à une autre vision de la vie, nous permettant de développer une part spirituelle de nous plus ou moins en dormance.

V. M. Est-ce qu’il y a différentes synchronicités ? 

I. F. On peut distinguer trois types de synchronicités : heureuses, difficiles et énigmatiques. La première catégorie est celle du « cadeau ». La synchronicité amène un travail, un logement, une relation, un soutien… J’ai le souvenir d’une collègue qui, en plein divorce, sans le sou, avait trouvé une bague en diamant dans un caniveau. C’était un magnifique solitaire, lequel, une fois expertisé, avait été vendu pour le prix exact que lui coûtait la séparation ! On voit avec moins de facilité les malheureux hasards, les mauvais coups du sort, la loi des séries… Pourtant il s’agit bien de la même énergie, qui a vocation à nous faire bouger et prendre conscience de zones d’ombre. Quant aux synchronicités énigmatiques, ce sont ces événements improbables, lorsqu’on croise son voisin de pallier à l’autre bout du monde par exemple;  ou encore quand on dit quelque chose et que cela se matérialise sous nos yeux. Le cas le plus célèbre vient de Jung. Alors qu’une de ses patientes lui racontait un rêve avec un scarabée d’or, symbole de transformation, une cétoine dorée se mit à taper contre la vitre de son cabinet. Jung fit entrer l’insecte et lança à son analysante, bouleversée : « Tenez, le voilà votre scarabée ! ». La patiente, très rationnelle, jusque là bloquée dans son travail de cure, put accéder à une part d’elle-même plus intuitive et sensible.

« Parfois, la synchronicité semble ne servir à rien ou ne rien signifier du tout… Si le sens existe, alors le non sens existe aussi disait Jung »

V. M. Qui nous les adresse selon vous ? De par ma médiumnité, les personnes décédées ainsi que mes guides, les anges et les fées me les envoient.

I. F. Je n’ai aucune certitude absolue sur ce sujet. Il m’est arrivé de vivre des signes associés à une personne disparue, sans aucun doute possible. Les témoignages sont fréquents en ce sens. J’aime me dire la plupart du temps que ça vient de quelque chose de plus grand que moi, une « super intelligence de l’univers » avec qui je peux communiquer et collaborer pour avancer de manière juste vers qui je suis. Ceci dit, je reste prudente. Par expérience, la frontière avec la projection psychologique est parfois difficile à tracer. Dans certains cas, c’est bien le psychisme pur qui créé la synchronicité et ce n’est pas le résultat d’une intervention « divine ». On voit ce qu’on a envie de voir à l’extérieur car c’est un miroir de notre état intérieur. Je pense aussi aux hasards généalogiques qui font se coïncider des dates de naissance, de décès, de mariages ou de drames dans les familles. La psychogénéalogie nous apprend qu’une communication d’inconscient à inconscient existe à travers les générations, servant notamment à signaler des secrets. Mais quelque soit l’endroit d’où ça vient, pure projection, source spirituelle ou un subtil mélange des deux, la finalité est la même : créer du sens.

V. M. Quels sont les supports sur lesquels ils nous parviennent ?

I. F. Tout est susceptible de servir de support d’expression à la synchronicité. Dans la nature, des craquements bizarres, une forme de nuage dans le ciel, un coup de vent, un cri singulier, un arc en ciel à un endroit précis, une apparition d’animal sauvage… Mais aussi, au quotidien, une parole entendue dans les transports en commun, la manifestation d’heures miroir de type 11h11, un livre trouvé dans la rue, une phrase lue par-dessus l’épaule d’un inconnu, des coïncidences multiples de nom, de lieu de vie, de goûts avec une nouvelle relation, des enchainement de faits improbables amenant dans un endroit précis, des répétitions de mots, de phrases qui surgissent autour de soi, ou encore des avaries en série, accident, vol etc… Face à cette multiplicité de possibles et de dialogue intérieur-extérieur, on peut être un peu débordé. Il est important de garder en tête que la synchronicité est saillante : elle nous interpelle de manière particulière, intense. Si tout est donc potentiellement synchronistique, la synchronicité n’est cependant pas partout en tout instant.

V. M. Ne pas les attendre ou les chercher est l’une des clés ? Y a-t-il un danger à devenir obsédé par ces signes ?

I. F. L’obsession des signes est l’écueil principal de la synchronicité. À l’extrême, ce trouble qui relève de la psychiatrie s’appelle l’apophénie, soit la maladie de voir du sens partout. Mais cela est heureusement rare. La plupart d’entre nous oscille entre manifestation authentique de coïncidence signifiante et désir authentique de recevoir un signe. Il y a un équilibre à trouver pour vivre avec la synchronicité en harmonie sans qu’elle nous submerge, pour qu’elle puisse nous apporter son aide à la mesure de notre besoin. L’approche la plus juste se trouve entre le faire et le laisser faire, que les taoïstes appellent l’agir et le non agir. C’est une attitude subtile visant à avoir la conscience aiguë de l’existence de la synchronicité, de sa puissance, de l’étendue infinie de son champ d’action, tout en lâchant toute attente qu’elle se manifeste. Comme l’intuition, la synchronicité s’apprivoise. On peut l’aider à se manifester parfois, mais sans jamais prétendre la contrôler. Les deux nous demandent d’établir une relation juste et équilibrée avec ces phénomènes subtils, en miroir d’une relation juste et équilibrée avec nous-même et les autres.

« Il y a un équilibre à trouver pour vivre avec la synchronicité en harmonie sans qu’elle nous submerge et pour qu’elle puisse nous apporter son aide à la mesure de notre besoin »

V. M. Quel rôle joue l’intuition dans ces synchronicités ?

I. F. Un rôle central, tout d’abord dans la reconnaissance de la synchronicité. C’est bien notre intuition qui nous renseigne, derrière l’état émotionnel de numinosité, de l’authenticité de ce « hasard bizarre ». On sent, que ça fait sens, qu’il y a une direction, une intelligence à l’œuvre derrière tout ça. Ensuite, on observe que plus on suit ses intuitions, plus on vit des synchronicités. En particulier cela concerne ce que j’ai appelé les « intuitions-impulsions », c’est-à-dire quand on fait quelque chose en pilote automatique, sans savoir pourquoi on le fait et ensuite cela fait sens. Par exemple, vous rentrez sur une impulsion intuitive dans une boutique où vous n’aviez pas prévu d’aller et vous tombez sur une vieille connaissance qui est pile la bonne personne pour vous aider à dénouer un problème. Les deux phénomènes sont distincts, mais complémentaires. L’intuition est un peu notre guide intérieur là où la synchronicité est notre guide extérieur. Utilisés en synergie, intuition et synchronicité permettent de suivre le chemin de son âme et se réaliser.

V. M. Comment être sûr que c’est bien elle qui nous parle et non pas notre mental ?

I. F. Difficile d’être 100% sûr dans ce domaine… L’intuition est une voix très fine, presque inaudible la plupart du temps. On la reconnait car elle surgit spontanément sans crier gare, d’un coup, souvent hors contexte et sans émotion parasite associée colère, jugement, tristesse, peur. L’intuition est, dans sa manifestation, sereine, alignée, pure. Quand on questionne son intuition directement, alors il faut passer outre la crainte que ça soit son mental ou ses désirs qui parlent, car elle peut se présenter exactement de la même manière, par des pensées qui nous traversent. Le sixième sens parle aussi par des sensations corporelles ou des images intérieures. Il faut s’exercer, et, petit à petit, on apprend à comprendre comment marche son intuition et lui faire confiance. Pour ça, il est important de pouvoir toujours vérifier une intuition, quand c’est possible bien sûr. Si l’on s’est trompé, il faut essayer d’identifier ce qu’il s’est passé, sans se mettre la pression. L’intuition, comme la synchronicité, est à mon sens aussi humaine qu’inhumaine, c’est-à-dire faillible.

V. M. Dans votre livre, vous abordez les oracles, la nature, les rêves. Facilitent-ils cette connexion ?

I. F. Les oracles, qui viennent traditionnellement de l’Antiquité grecque, sont un moyen de simuler la synchronicité en jouant à interroger le hasard… lequel n’existe bien sûr pas ! Un exemple puissant d’oracle est le Yi King, ou Livres des Transformations. C’est un recueil de sagesse millénaire chinoise d’inspiration confucéenne et taoïste, dont d’ailleurs Jung  était adepte et qu’il utilisait dans ses consultations. On peut aussi jouer au hasard avec des tirages au sort, c’est toujours très stimulant ! La nature quant à elle est l’un des lieux privilégiés d’expression de la synchronicité, où des animaux peuvent se manifester à nous, porteurs de messages. Les rêves quant à eux sont la voie royale dans tout travail de développement personnel et spirituel. Ils établissent une connexion directe avec notre inconscient, notre âme et peut-être même nous mettent en lien avec d’autres plans de conscience. Certains songes ont un caractère synchronistique lorsqu’un scénario ou un détail signifiant du rêve se manifeste ensuite dans le réel. Ce pont entre matière et esprit pourrait témoigner d’une sorte de faille spatio-temporelle permettant de modifier le futur et le présent par effet rétroactif…

« Les oracles, qui viennent traditionnellement de l’Antiquité grecque, sont un moyen de simuler la synchronicité en jouant à interroger le hasard… lequel n’existe bien sûr pas! »

V. M. En cette période de grandes transformations énergétiques, quels conseils pourriez-vous proposer pour mieux l’appréhender?

I. F. Oser suivre la voie de son cœur, et aller dans le sens de ce que l’on sait tout au fond de soi et qui n’est pas toujours facile à écouter. Tôt ou tard, on y sera confronté, d’une manière ou d’une autre. L’âme cherche en effet par tous les moyens à se faire entendre, elle ne renonce jamais. Dans ce moment de changement de paradigme, il nous est demandé plus que jamais d’être nous-même, dans notre vérité nue. C’est un challenge absolu, à l’heure où le culte de l’image et de la performance sont élevés en valeurs de réussite. Trois qualités d’être peuvent nous aider sur ce chemin : la sincérité – être vrai avec soi et les autres -, le courage – poser les actes et agir avec le cœur – et le lâcher prise – cesser de vouloir absolument tout contrôler -. Si on s’engage à respecter ces valeurs-piliers autant que possible, au quotidien, dans les grands et petits moments de l’existence alors, énergétiquement, vibratoirement parlant, on s’élève. On progresse sur notre chemin de vie. 

V. M. La gratitude – si chère à mes amies les fées  –  est pour vous une façon de recevoir ces synchronicités ?

I. F. Bien sûr, je ne saurai contredire les fées ! Etre humble, dans le sens de sa racine étymologique humus, près de la terre, est une voie pour se déployer dans sa pleine puissance d’être. La gratitude lui est intimement liée. Dire merci, à la vie, à l’univers, y compris pour ce qui est difficile, est un sésame pour être plus aligné avec soi, avoir les bonnes intuitions et vivre les synchronicités qui vont avec. Mais là aussi, ne soyons pas trop pressés ou exigeants. La gratitude s’apprend, parfois elle demande du temps à s’expérimenter pleinement car d’autres énergies comme la colère ou le sentiment d’injustice ont besoin de se manifester et d’être écoutés. Etre humble, c’est aussi accepter cela. C’est être un humain pleinement incarné dans ses fragilités et ses forces.

V. M. Pour conclure, si vous aviez une baguette magique, à quoi vous servirait-elle ? 

I. F. Mais je crois bien déjà en avoir une, comme d’ailleurs potentiellement tout être humain qui en accepte la possibilité de l’existence ! Lorsqu’on chemine vers plus de conscience, on se rend compte que l’on est un être créateur aussi bien qu’un être créé. Le champ d’action est infini. Personnellement, je me sers de ma baguette magique pour mettre plus d’humanité en mon cœur, et par là même je l’espère, dans le cœur de l’humanité.

Interview issue du site de Valérie Motté-Lumière de fée www.valeriemotte.com, à lire dans la rubrique Evénements – Les Rencontres Lumineuses

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